Imputation (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XV e siècle. Emprunté du bas latin imputatio, « compte, action de mettre en compte ; accusation ».
1. Action d'imputer une faute à quelqu'un ; le fait de se voir imputer une faute. Une calomnieuse, mal fondée, infamante. Il s'est justifié des s dont ses ennemis l'avaient chargé. Dans un sens favorable. L' des mérites de Jésus-Christ aux hommes, le fait que les mérites de Jésus-Christ s'étendent à tous les hommes, et, selon les doctrines protestantes, suffisent à les justifier.
2. . Le fait d'imputer une somme à un compte déterminé. L' d'un chèque à un plan d'épargne. Imputation de paiement, par laquelle est définie la part d'une ou plusieurs dettes qui se trouve éteinte par un règlement partiel. Spécialt. Le fait d'imputer une opération sur le chapitre du budget dont elle relève. L' de cette dépense doit être faite sur les crédits de matériel.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Action d'imputer ou Résultat de cette action. "Il s'est justifié des imputations dont ses ennemis l'avaient chargé. Imputation fausse, calomnieuse. Cette n'est pas fondée." En termes de Finance et de Jurisprudence, "L' des sommes payées pour intérêt d'un capital qui n'en doit point produire se fait sur le capital même. Un débiteur de plusieurs dettes peut, lorsqu'il fait un paiement partiel, en déterminer lui-même l'imputation."
En termes de Théologie, "Les protestants enseignent que nous ne sommes justifiés que par l' des mérites de" JÉSUS-CHRIST.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Terme de finance et de jurisprudence. Compensation d'une somme avec une autre ; déduction d'une somme, d'une valeur sur une autre. Faire, sur la quotité disponible, l' d'un avancement d'hoirie.
    Imputation de payement, déduction d'une somme sur une autre ; compensation de créances réciproques.

 2   Terme de théologie. L'application des mérites de Jésus-Christ.

 3   Fig. Action d'imputer à quelqu'un une chose digne de blâme.
    La chose même, la faute que l'on impute.
VOLT.: « Vous verrez dans Minutius Félix les s abominables dont les païens chargeaient les mystères chrétiens »
COLLÉ: « Parler le premier à Votre Majesté de toutes ces s odieusement absurdes, c'eût été en quelque façon leur donner du crédit »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
CALV.: « C'est en vain que nous sommes enseignés quelle est la vraie justice, jusques à ce que Jesus-Christ la nous donne tant par gratuite qu'en nous regenerant par son esprit »
CALV.: « Par lui seul nous obtenons que nos pechés ne nous soient point imputés, desquels l' emporte l'ire de Dieu »
MONT.: « Sa vertu [de Sénèque] paroist si vive et vigoreuse en ses escripts, et la deffense y est si claire à aulcune de ces s, comme de sa richesse et despense excessifve.... »

ÉTYMOLOGIE
    Lat. em, de imputare, imputer.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Action d'attribuer à quelqu'un une chose digne de blâme. Il se dit surtout Des accusations faites sans preuve. "Il s'est justifié des s dont ses ennemis l'avaient chargé. Voilà une faite bien légèrement. Imputation fausse, calomnieuse. Cette n'est pas fondée."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Finances et de Jurisprudence, signifie, Compensation d'une somme avec une autre; déduction d'une somme, d'une valeur sur une autre. "L' des sommes payées pour intérêt d'un capital qui n'en doit point produire, se fait sur le capital même. Un débiteur de plusieurs dettes peut, lorsqu'il fait un payement partiel, en déterminer lui-même l'imputation. Faire, sur la quotité disponible, l' d'un avancement d'hoirie."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Théologie, se dit de L'application des mérites de JÉSUS-CHRIST. "Les protestants prétendent que nous ne sommes justifiés que par l' des mérites de" JÉSUS-CHRIST.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Terme de Finance et de Pratique. Compensation d'une somme avec une autre. Déduction d'une somme sur une autre. "On doit faire l' des sommes payées pour intérêt d'un capital qui n'en doit point produire, sur le capital même. On doit faire l' de ce qui a été payé pour les arrérages d'une rente au-delà du taux du Prince, sur le capital même de la rente."
En matière de Religion, "Imputation" se dit De l'application des mérites de Jésus-Christ; et c'est dans ce sens qu'on dit, que Les Protestans prétendent que nous ne sommes justifiés que par l' des mérites de Jésus-Christ.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Imputation, signifie aussi Une accusation faite sans preuve. "Il s'est bien justifié des s dont ses ennemis l'avoient chargé. Voilà une faite bien légèrement."



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Terme de Finance & de Pratique. Compensation d'une somme avec une autre. Déduction d'une somme sur une autre. "On doit faire l' des sommes payées pour intérêt d'un capital qui n'en doit point produire, sur le capital même. On doit faire" "l' de ce qui a été payé pour les arrérages d'une rente au-delà du taux du Prince, sur le capital même de la rente."
En matière de Religion, "Imputation" se dit De l'application des mérites de JESUS-CHRIST; & c'est dans ce sens qu'on dit, que "Les Protestans prétendent que nous ne sommes justifiés que par l' des mérites de JESUS-CHRIST."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi Une accusation faite sans preuves. "Il s'est bien justifié des s que ses ennemis lui avoient faites."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

IMPUTER, v. act. ["Inputa-cion", "té": 1re lon, dern. "é" fer. au 2d.] "Imputer", est, 1°. dans le langage ordinaire, "atribuer à" quelqu'un quelque chôse de digne de blâme. 'Ne "m'imputez" pas "cette" faûte. 'L'Empereur craignoit que le Pape ne "lui imputât le" mauvais traitement que son Légat avoit reçu à cette Diette. "P. Fabre". Il régit aussi "de" et l'infinitif. On "lui impute d'avoir voulu" corrompre des témoins. On dit, sans article: "imputer à faûte", "à déshoneur".
   "Imputation", acusation faite sans preûve. 'Faûsse "imputation". 'Il a montré la faûsseté de tant de noires "imputations".
- 2°. En termes de Finance, apliquer un payement à certaine dette. '"Imputer une" somme payée "sur" le principal, et non pas sur les intérêts. = "Imputation", action d'imputer, dans les deux sens. 'Justifiez-vous de ces horribles "imputations qu'"on "vous a faites". '"Imputation d'un" payement "sur" le principal.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


N'est guere en usage que dans la Pratique. "L' des interests, des jouissances sur le principal".
Il se dit aussi, en matiere de religion. "Les hommes ne sont pas justifiez par une simple des merites de" , "comme le pretendent les heretiques, &c".
sous .




Emplacement dans le dictionnaire :

impulsif
impulsion
impunément
impuni
impunité
impur
impurement
impureté
imputable

imputé
imputer
imputrescible
in
in manus
in pace
in partibus
in-cent-vingt-huit
in-dix-huit
in-douze
in-folio




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Germaine de STAËL (Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française)

...tribunaux de les condamner. On s'est hâté de dire que ceux qui ont péri étaient des bonapartistes ; comme s'il ne fallait pas empêcher aussi que les bonapartistes ne fussent massacrés. Mais cette imputation, d'ailleurs, était aussi fausse que toutes celles que l'on fait porter sur des victimes. Il est innocent, l'homme qui n'a pas été jugé ; encore plus l'homme qu'on assassine, encore plus les femmes...


Citation n°2 de *Sans mention d'auteur (Code civil des Français)

...soit à fonds perdu, ou avec réserve d'usufruit, à l'un des successibles en ligne directe, sera imputée sur la portion disponible ; et l'excédant, s'il y en a, sera rapporté à la masse. Cette imputation et ce rapport ne pourront être demandés par ceux des autres successibles en ligne directe qui auraient consenti à ces aliénations, ni, dans aucun cas, par les successibles en ligne collatérale. 919....


Citation n°3 de *Sans mention d'auteur (Code civil des Français)

...nuire au créancier lorsqu'il n'a été payé qu'en partie ; en ce cas il peut exercer ses droits, pour ce qui lui reste dû, par préférence à celui dont il n'a reçu qu'un paiement partiel. Iii. de l'imputation des paiemens. 1253. Le débiteur de plusieurs dettes a le droit de déclarer, lorsqu'il paye, quelle dette il entend acquitter. 1254. Le débiteur d'une dette qui porte intérêt ou produit des...


Citation n°4 de *Sans mention d'auteur (Code civil des Français)

...1255. Lorsque le débiteur de diverses dettes a accepté une quittance par laquelle le créancier a imputé ce qu'il a reçu sur l'une de ces dettes spécialement, le débiteur ne peut plus demander l'imputation sur une dette différente, à moins qu'il n'y ait eu dol ou surprise de la part du créancier. 1256. Lorsque la quittance ne porte aucune imputation, le paiement doit être imputé sur la dette que le...


Citation n°5 de *Sans mention d'auteur (Code civil des Français)

...spécialement, le débiteur ne peut plus demander l'imputation sur une dette différente, à moins qu'il n'y ait eu dol ou surprise de la part du créancier. 1256. Lorsque la quittance ne porte aucune imputation, le paiement doit être imputé sur la dette que le débiteur avait pour lors le plus d'intérêt d'acquitter entre celles qui sont pareillement échues ; sinon, sur la dette échue, quoique moins onéreuse...


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